

Lundi 20 avril 2009. Il est 18H45, salon Florence Gould au Palais Garnier, et les habitués de l’AROP discutent. Une fois de plus les voilà réunis pour partager un moment de danse. Pourtant ce soir, une émotion particulière parcourt la salle. Un mélange d’excitation presque enfantine à l’idée de Le revoir, un immense plaisir et un étrange sentiment, celui d’une dernière fois. Hommes, femmes, retraités ou jeunes filles, il n’y a pas d’âge pour admirer quelqu’un.
19h. Il entre, sous des applaudissements nourris, de sa démarche si reconnaissable. Jean, chemise blanche, veste noire, on ne dirait pas qu’il sort de plusieurs heures de répétition. Le sourire presque gêné de quelqu’un qui n’aime pas trop se dévoiler en public, lui qui pourtant chaque soir est sous les feux de la rampe.
Des danseurs, des chorégraphes, ils en ont vu (certains ont même rencontré La Callas, « Maria »). Pourtant, Manuel Legris restera pour eux au-dessus de tous les autres. Une admiration qu’il ne comprend pas toujours : « parfois tous ces gens qui me répètent à quel point je vais leur manquer, c’est un peu lourd à porter, dit-il. Ils me mettent la pression, alors que je suis très serein. Le 15 mai, ce sera une fête ». Peu importe, c’est vrai qu’il va nous manquer, ils s’abstiendront juste désormais de le lui répéter à tout bout de champ. Car la date fatidique approche en effet.
Le 15 mai, Manuel Legris fera ses adieux, « officiels » comme il aime le rappeler, à la scène dans Onéguine, grand ballet classique qu’il affectionne tout particulièrement. La soirée sera d’aileurs ouverte par le grand défilé du Corps de Ballet, image hautement symbolique de la compagnie au grand complet rendant hommage à l’un de ses danseurs emblématiques.
Tant d’images viennent en tête quand on pense à Manuel Legris. Celle d’un jeune homme talentueux nommé à 20 ans par Rudolf Noureev, alors qu’il n’était que sujet. Tous ses rôles, qu’ils soient classiques – le danseur romantique par excellence – ou contemporains, lui qui a travaillé avec tant de chorégraphes. « J’ai eu énormément de chance d’avoir pu les rencontrer et j’ai su la saisir », explique-t-il. Kenneth McMillan, John Neumeier, Trisha Brown, Mats Ek et bien d’autres encore. Dans l’assistance, chacun se remémore ses souvenirs personnels, qui un Lac des Cygnes, qui l’Onéguine de samedi soir. Pour ma part, ma deuxième rencontre avec l’Opéra, décembre 1999 à la Bastille, dans la Belle au bois dormant. Il a depuis accompagné dix ans de ma vie ; Albrecht, Joyaux, Roméo bien sûr, Armand Duval, ou encore Basilio un certain 20 avril sur la scène de la Bastille.
Alors à tous ces passionnés qui vont tant le regretter, il explique son choix. « Je préfère m’arrêter sur un grand ballet, dit-il, tant que je peux encore danser trois actes de suite et entendre « vous allez nous manquer », plutôt que « oh non il est encore là ». Je ne veux surtout pas faire le ballet de trop ». Toujours humble, mais sans fausse modestie, il est aussi noble que tous ces grands personnages qu’il a interprétés. Il n’exprime donc aucun regret, juste un bonheur et une chance incroyables quand il évoque ces années à l’Opéra et un appétit dévorant pour les aventures qui l’attendent.
En effet, destination Vienne, où il va reprendre à partir de septembre 2010 le poste de directeur de la danse du Staatsoper. Un tout nouveau rôle qu’il qualifie de « challenge ». « Je dois monter une programmation et je suis en train de découvrir que c’est un vrai casse-tête, dit-il. Pour le moment je dois recommencer tout ce que j’avais prévu car rien ne va ! ». Pas si facile donc de passer de l’autre côté de la coulisse, mais il parait ravi et serein à l’approche de cette nouvelle étape. Diriger une compagnie lui semblait tout naturel, lui qui aime tant transmettre aux autres son savoir (comme il l’a déjà fait avec son groupe « Manuel Legris et ses étoiles » par exemple).
Dansera-t-il encore après le 15 mai ? La question lui est posée, mais il préfère ne rien promettre. Alors pour ceux qui voudront continuer à le suivre, rendez-vous le 13 septembre 2010 à Vienne pour sa prise de fonction – vraisemblablement avec Onéguine d’ailleurs.
19h. Il entre, sous des applaudissements nourris, de sa démarche si reconnaissable. Jean, chemise blanche, veste noire, on ne dirait pas qu’il sort de plusieurs heures de répétition. Le sourire presque gêné de quelqu’un qui n’aime pas trop se dévoiler en public, lui qui pourtant chaque soir est sous les feux de la rampe.
Des danseurs, des chorégraphes, ils en ont vu (certains ont même rencontré La Callas, « Maria »). Pourtant, Manuel Legris restera pour eux au-dessus de tous les autres. Une admiration qu’il ne comprend pas toujours : « parfois tous ces gens qui me répètent à quel point je vais leur manquer, c’est un peu lourd à porter, dit-il. Ils me mettent la pression, alors que je suis très serein. Le 15 mai, ce sera une fête ». Peu importe, c’est vrai qu’il va nous manquer, ils s’abstiendront juste désormais de le lui répéter à tout bout de champ. Car la date fatidique approche en effet.
Le 15 mai, Manuel Legris fera ses adieux, « officiels » comme il aime le rappeler, à la scène dans Onéguine, grand ballet classique qu’il affectionne tout particulièrement. La soirée sera d’aileurs ouverte par le grand défilé du Corps de Ballet, image hautement symbolique de la compagnie au grand complet rendant hommage à l’un de ses danseurs emblématiques.
Tant d’images viennent en tête quand on pense à Manuel Legris. Celle d’un jeune homme talentueux nommé à 20 ans par Rudolf Noureev, alors qu’il n’était que sujet. Tous ses rôles, qu’ils soient classiques – le danseur romantique par excellence – ou contemporains, lui qui a travaillé avec tant de chorégraphes. « J’ai eu énormément de chance d’avoir pu les rencontrer et j’ai su la saisir », explique-t-il. Kenneth McMillan, John Neumeier, Trisha Brown, Mats Ek et bien d’autres encore. Dans l’assistance, chacun se remémore ses souvenirs personnels, qui un Lac des Cygnes, qui l’Onéguine de samedi soir. Pour ma part, ma deuxième rencontre avec l’Opéra, décembre 1999 à la Bastille, dans la Belle au bois dormant. Il a depuis accompagné dix ans de ma vie ; Albrecht, Joyaux, Roméo bien sûr, Armand Duval, ou encore Basilio un certain 20 avril sur la scène de la Bastille.
Alors à tous ces passionnés qui vont tant le regretter, il explique son choix. « Je préfère m’arrêter sur un grand ballet, dit-il, tant que je peux encore danser trois actes de suite et entendre « vous allez nous manquer », plutôt que « oh non il est encore là ». Je ne veux surtout pas faire le ballet de trop ». Toujours humble, mais sans fausse modestie, il est aussi noble que tous ces grands personnages qu’il a interprétés. Il n’exprime donc aucun regret, juste un bonheur et une chance incroyables quand il évoque ces années à l’Opéra et un appétit dévorant pour les aventures qui l’attendent.
En effet, destination Vienne, où il va reprendre à partir de septembre 2010 le poste de directeur de la danse du Staatsoper. Un tout nouveau rôle qu’il qualifie de « challenge ». « Je dois monter une programmation et je suis en train de découvrir que c’est un vrai casse-tête, dit-il. Pour le moment je dois recommencer tout ce que j’avais prévu car rien ne va ! ». Pas si facile donc de passer de l’autre côté de la coulisse, mais il parait ravi et serein à l’approche de cette nouvelle étape. Diriger une compagnie lui semblait tout naturel, lui qui aime tant transmettre aux autres son savoir (comme il l’a déjà fait avec son groupe « Manuel Legris et ses étoiles » par exemple).
Dansera-t-il encore après le 15 mai ? La question lui est posée, mais il préfère ne rien promettre. Alors pour ceux qui voudront continuer à le suivre, rendez-vous le 13 septembre 2010 à Vienne pour sa prise de fonction – vraisemblablement avec Onéguine d’ailleurs.

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